samedi 31 août 2013

« Les élections ne pourront pas se tenir à la fin de l’année », Jean Tholbert Alexis

« Il n’y a aucune possibilité que les élections se tiennent dans le pays à la fin de l’année 2013 », prévient le président de la chambre basse. Jean Tholbert Alexis s’exprime ainsi en raison du fait que le projet de loi électorale profondément remanié du CTCEP a été transmis au parlement avec trop de retard par l’Exécutif. « Le futur scrutin pourrait avoir lieu au début de l’année prochaine », a-t-il ajouté insistant sur le fait que le mandat des sénateurs élus en 2009 soit respecté 

Selon le sénateur Francisco De La Cruz et le député Jules Lionnel Anélus, en mettant tout ce temps pour acheminer le document au Législatif, le président Martelly prouve qu’il n’a nullement la volonté d’organiser les prochaines compétions électorales.

« Ce document comporte de nombreux pièges. Même s'il vient à être voté favorablement par la majorité présidentielle à la chambre basse, il sera bloqué au Sénat », disent-ils.

« Le projet de loi sera soumis à une commission de parlementaires qui prendra au moins un mois pour l’analyser », a annoncé le député de Croix-des-Bouquets/Thomazeau indiquant toutefois que « ce projet n’est pas celui envoyé par le Collège transitoire du conseil électoral permanent ». « C’est une stratégie de Michel Martelly pour ne pas organiser les joutes électorales, pense, pour sa part, le sénateur De La Cruz».

Par contre, Fednel Monchéry, réputé pour être proche du Palais national, presse les parlementaires de voter au plus vite le projet totalement modifié par le pouvoir exécutif. Ce, dit-il, pour que le pays soit pourvu d’une nouvelle loi électorale et que les élections s’y tiennent dans les meilleurs délais.

En revanche, le grand conseiller de INITE, Paul Denis en appelle la population haïtienne à la mobilisation générale en vue de faire échec au projet dictatorial du chef de l’Etat. De son côté, Rosemond Pradel qualifie de provocatrice l’attitude de Martelly qui, dit-il, n’a aucun respect pour le peuple haïtien en refusant d’organiser les élections.

Rappelons que le dépôt du projet a été fait par le Ministre de la Justice, Jean Renel Sanon mardi dernier à la veille de la réunion du conseil de sécurité de l’ONU. 

jeudi 22 août 2013

La langue de bois revient encore dans le langage politique du pays!

Le pouvoir nommait ce mardi 20 aout 2013, l’homme le plus contesté des parquets du pays « Me Francisco René » à la tête du parquet du tribunal de Première instance de Port-au-Prince.


Tout cela arrive alors qu’on s’apprête à aller à des élections municipales et législatives. Une situation qui pose plus d’une question dont la possibilité d’organiser ce scrutin dans un climat obscur et dépourvu de confiance de part et d’autre.

Le processus politique en Haïti ne sortira pas du cadre totémique de la mobilisation et du jeu des contradictions ; sauf si les barons de la scène politique - qu’on peut qualifiée de deux rues et de deux boutiques pour la vente au détail – s’emploient à apaiser le climat délétère et à s’éloigner d’employer des discours qui ne font qu’exacerber les tensions. Sans cela, nous resterons toujours au bord du précipice, avec des hommes et femmes tendus et dont les propos traduisent un état d’esprit digne de la police secrète, qu’il relève des partis politiques, toute tendances confondues, ou des appareils de l’Etat.

Et certainement que cette image est infamante à plus d’un titre et ne peut aucunement donner lieu à un climat participatif, capable de rapprocher les différents points de vue pour que les protagonistes de la crise politique en Haïti daignent enfin s’asseoir autour de la même table, sans mettre en avant des conditions préalables. Ils doivent pouvoir négocier sur l’avenir du pays – qui ne se ramène pas seulement à la personne du président Joseph Michel Martelly ni celle de Moïse Jean-Charles en sa qualité de chef de file de l’opposition démocratique, mais à tous les membres du peuple haïtien qui n’ont donné de blanc seing à personne pour entrer, en leur nom, dans des futilités sans fin. Mais seulement à travailler pour trouver la meilleure façon de résoudre leurs problèmes de tous les jours. Telles les libertés et une vie décente et digne.

Quand nos maîtres comprendront-ils cela ?




DS